Troisième billet: analyse de mon activité autour du film « 1492, Christophe Colomb ». 04/05/2009
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Introduction :
Lorsque nous avons visionné le film « 1492 Christophe Colomb », les élèves avaient acquis suffisamment de connaissances historiques pour comprendre l’extrait proposé ainsi que les événements qui avaient succédé celui-ci. Ils n’ont donc eu aucun problème à entrer dans l’activité. En effet, ils avaient pris connaissance des différents progrès techniques dans le domaine de la navigation, étaient capables de décrire les changements entre le globe de Martin Behaim et un globe actuel, de définir et de tracer les différentes routes empruntées par les Espagnols, les Portugais, les Anglais et les Français ainsi que de dresser le portrait de différents navigateurs et découvreurs. Toutefois, il m’a semblé utile de faire un bref résumé des événements qui succédaient l’extrait afin que les élèves aient un aperçu du film ainsi que des personnages (quel acteur joue quel personnage).
Comme mentionné dans mon premier billet, mon but dans l’analyse de ce film était de traquer l’Histoire dans la fiction, c’est-à-dire la source sous le cliché, puis de comparer ceci aux diverses représentations que les élèves se faisaient d’un fait historique.
Dans cet exercice, les élèves auront dû distinguer et critiquer des éléments qu’ils auront relevés puis en tirer une synthèse. Cela leur aura permis de développer des savoir-faire ainsi que des compétences, telle exploiter un (des) document(s) historiques selon sa (leur) nature et son (leur) contexte propre.
Analyse détaillée de l’activité
Modifications effectuées :
Comme me l’a fait remarquer Christelle, je n’avais pas spécifié la durée de mon activité dans le deuxième billet. Lorsque je l’ai confectionnée, j’imaginais pouvoir la réaliser sur deux périodes, voire deux périodes et demis : une pour la partie sur le film et une (une et demi) pour le travail sur les sources. Cela était quelque peu utopique… Suite aux remarques pertinentes de mes camardes, je me suis effectivement rendu compte qu’elle nécessiterait bien plus de temps (environ quatre périodes). Bénéficiant uniquement d’une période hebdomadaire, il m’était impossible de prolonger cette activité. C’est pourquoi, une partie du travail a été faite sous forme de devoir à domicile et que certaines consignes ont été modifiées (cf. fichier en annexe). Ces changements seront expliqués dans les paragraphes qui suivent. Modifiée, la leçon aura duré deux périodes et demis.
Lorsque j’ai lu la remarque de Catherine, je me suis rendu compte que je n’avais pas mis les mêmes pronoms personnels dans mes questions. Certaines étaient écrites au « tu » alors que d’autres étaient écrites au « vous ». Je les ai donc modifiées en utilisant « tu », afin que chaque élève se sente concerné par la tâche à effectuer.
A) Représentations des élèves
Les représentations que se font les élèves de la rencontre de Christophe Colomb (et de ses hommes) avec les indigènes n’a pas été réalisée en classe comme prévu, mais a fait l’objet d’un devoir. En effet, face à la remarque pertinente de Cédric quant à la longueur de ma séquence, il m’a semblé plus judicieux qu’ils fassent cette tâche à la maison. Toutefois, comme mentionné dans l’activité « initiale », cela a été effectué avant la projection de l’extrait. Nous avons ainsi gagné du temps en classe et avons pu entrer directement dans l’activité avec le film.
De manière générale, les élèves imaginaient la rencontre entre les deux peuples de manière brutale. Ils s’attendaient à ce qu’il y ait un énorme combat et qu’en résulte la victoire d’une des deux parties. Ni le film, ni la source ne leur aura permis de confirmer leur représentation.
En travaillant sur celles-ci et en utilisant divers documents, j’utilise le modèle constructiviste. Je cherche à remettre en cause et à réorganiser leurs conceptions initiales. Par le visionnement du film et la lecture de sources, l’élève sera confronté à une phase de déséquilibre transitoire et devra se remettre en question. Cela est expliqué plus précisément au point C)
B) Le film
• Eléments visuels :
Bien que les élèves aient eu envie de regarder la totalité du film, ils étaient très enthousiastes quant à la réalisation d’une telle activité. En effet, ils étaient confrontés à un nouvel outil didactique, ce qui les a motivés dans leur apprentissage.
Avant la première projection de l’extrait, j’ai attribué une tâche précise à chaque élève. Devant compléter un tableau relatif au décor ainsi qu’aux comportements et aux aspects physiques des Européens et des Amérindiens, les résultats auraient été trop subjectifs s’ils avaient dû être attentifs à tous les éléments. Chaque point a donc été observé individuellement par un groupe de cinq élèves.
Comme me l’ont fait remarquer Christelle et Catherine, ma consigne est quelque peu ambivalente puisque je fais référence à un groupe de cinq apprenants dont chaque membre travaille individuellement. Cela signifie que cinq personnes s’occupent du décor, cinq autres de l’apparence physique des Indiens, etc. mais que chaque élève est à sa place et complète seul le point qui lui a été attribué. Le terme de « groupe » représente alors uniquement la répartition des tâches. Toutefois, les élèves avaient très bien compris ce qu’ils devaient faire durant le visionnement du film et ont tous relevé de nombreuses informations.
Une fois l’extrait terminé, j’ai projeté au rétroprojecteur un transparent vierge du tableau qu’ils ont dû compléter durant l’extrait. Les élèves m’ont cité les informations qu’ils ont relevées pour le point qui leur avait été attribué et je les ai inscrites dans le tableau. Nous avons pris chaque point l’un après l’autre pour que tous aient la possibilité de s’exprimer et d’écouter ses camarades.
Les élèves étaient très actifs durant ce moment d’échanges et donnaient leur avis sur les termes utilisés par leurs camarades pour désigner les divers éléments relevés. A titre d’exemple, X disait que l’action se déroulait dans la forêt alors qu’Y soutenait qu’il s’agissait d’une jungle et Z d’une « forêt exotique ».
Toujours en référence à la longueur de mon activité, j’ai décidé de modifier le moyen de mettre en évidence les différences et les similitudes entre les Européens et les Amérindiens. Je me suis rendu compte que de devoir écrire chaque élément prend beaucoup trop de temps. C’est pourquoi j’ai décidé de les souligner de deux couleurs différentes. Ma consigne était alors la suivante : « Dans le tableau ci-dessus, souligne en rouge les différences entre Colomb, ses hommes et les indigènes et en bleu les ressemblances. » De plus, cette technique permettait de mieux mettre en évidence les différents éléments et rendait les comparaisons entre les deux peuples plus explicites. Par ce travail, les élèves ont développé une bonne technique pour relever des informations dans un texte.
• Eléments sonores :
Les élèves ont été surpris de l’impact que pouvait avoir le son sur notre capacité à percevoir les événements. En effet, ils ont constaté que le rôle et l’attention portés sur celui-ci permettaient de ressentir de manière plus intense les sentiments de curiosité, de peur et de soulagement. Cela leur a permis d’avoir une meilleure compréhension de l’extrait.
C) Travail avec les sources
En ce qui concerne le travail avec les sources, j’ai décidé de modifier ma façon de faire. En effet, à la place de diviser la classe en deux groupes travaillant sur deux sources différentes, j’ai demandé à tous les élèves de lire l’extrait du journal de bord de Christophe Colomb. La lecture de celui-ci ainsi que le tableau à compléter ont fait l’objet d’un devoir.
Après une mise en commun des informations relevées par les élèves dans l’extrait du journal, nous avons comparé celui-ci à la gravure de Bergmann. Ainsi, nous avions à disposition tous les éléments nécessaires pour comparer le film aux sources historiques.
Lorsque nous avons fait la mise en commun, il était intéressant de constater les réactions des élèves. Certains réagissaient de la même manière que Colomb et ses hommes en disant que les Indiens étaient des gens simples, qui ne savaient rien. D’autres au contraire prenaient parti pour ces derniers. Pour eux, les Européens voulaient uniquement profiter des Autochtones et les « acheter ». Il aurait été très intéressant de faire un débat « organisé » à ce sujet, c’est-à-dire de demander à la moitié de la classe d’être pour les Amérindiens et d’autres contre. Ainsi ils auraient eu l’occasion de développer leurs capacités en argumentation. Mais je ne désespère pas de revenir sur le sujet en fin d’année.
Après lecture de l’extrait du journal, les élèves ne savaient plus quel document croire. Entre le film et ce dernier, lequel relate la vérité ?
Etant donné qu’ils ont d’abord vu le film, ils ont pensé, dans un premier temps, que le journal de bord de Christophe Colomb ne rapportait pas les faits exacts. Cependant après identification de la nature, de la date, de l’auteur et du contexte de production des documents historiques, ils en ont déduit que le film décrivait une part de vérité, notamment sur les apparences physiques, mais qu’il donnait également une vision erronée de la rencontre en ce qui concerne le comportement des Européens à l’égard des Autochtones. En effet, ils ont relevé que le film donnait l’impression que les Européens avaient de gentilles intentions quant aux Amérindiens, alors que l’extrait du journal montrait clairement leur envie de s’accaparer du territoire et de leurs occupants. Par cela, ils en ont tiré la conclusion que le réalisateur du film exposait sa propre vision de la rencontre et que celle-ci était loin d’être la vérité.
Par cette analyse, les élèves ont développé leur capacité à exploiter des documents historiques selon leur nature et leur contexte propre. Cela fait référence à l’une des compétences visées par le plan d’études vaudois. De plus, distinguer et critiquer différents éléments relèvent du niveau 4 de la taxonomie de Bloom. Les élèves mettent donc en oeuvre des facultés cognitives dites supérieures et travaillent alors au niveau des compétences.
De même, le fait de devoir tirer une conclusion entre deux documents, soit la source et le film, relève du niveau de la synthèse, soit du niveau 5 de la taxonomie de Bloom.
A la suite de cette activité, les élèves ont atteint un nouvel équilibre. Grâce à ce travail d’analyse et de comparaison, ils se sont rendu compte que leurs représentations initiales étaient erronées et se sont promis d’être plus critique lorsqu’ils seront confrontés à nouveau à un film dit historique.
De manière générale, cette séquence sur l’utilisation du film en classe d’histoire a permis aux élèves d’apprendre une méthode pour relever des informations dans des documents variés, de vérifier la pertinence de ceux-ci, de les comparer ainsi que de développer leur esprit critique et leur capacité de synthèse.
A la fin de l’activité, j’ai demandé aux élèves si cela leur avait plu. Ils ont répondu que ce style d’apprentissage les avait motivés à apprendre, à s’impliquer dans la tâche et qu’ils avaient retenu de nombreuses informations. Tous ont réussi à bien participer, même ceux qui ont généralement de la difficulté. Cela est un point très positif ! De plus, ils ont apprécié pouvoir donner leur avis et débattre entre eux.
Ils ont également pu constater qu’il était plus facile de repérer des indices par le biais d’un outil audiovisuel que par l’analyse d’une source écrite. Il est donc utile d’utiliser la vidéo lors de la comparaison d’événements, pour faciliter l’apprentissage des élèves. Ainsi, ils peuvent acquérir certains savoir-faire, qui pourront être complexifiés par la suite.
Conclusion
L’utilisation du film en classe d’histoire est un moyen intéressant pour favoriser la motivation et l’apprentissage des élèves. Cependant, bien que l’activité se soit bien déroulée, que les élèves ce soient impliqués dans la tâche et qu’ils aient développé certaines compétences, j’ai trouvé difficile à réaliser lorsque nous bénéficions uniquement d’une période par semaine. Lorsque je referais ce type de séquence avec une classe de 7ème, je planifierai différemment mon année afin de laisser assez de temps à la réalisation d’une telle activité. En effet, le programme étant très riche, il est nécessaire de faire des choix. Toutefois, ce type d’activité m’a énormément plu, c’est pourquoi je souhaiterais l’expérimenter lors d’un prochain chapitre ainsi que dans mes futures années d’enseignement.
Annexe: fiche-eleves-remanieedoc2
Bibliographie:
- http://bdp.ge.ch/webphys/recherche/trouve_detail.php?id=424 (Département de l’instruction publique du canton de Genève; Site officiel de l’enseignement de la physique de l’enseignement secondaire)
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